Le dandy et l'aventurier
"Entre dix-huit et vingt ans, la vie est comme un marché
où l'on achète des valeurs non avec de l'argent, mais avec
des actes." - André Malraux
Le dandy
Le jeune André Malraux du début des années
20 est un dandy assez insupportable : brillant, ( mais il abandonne
ses études), il touche à tout, déniche des
livres rares, collabore à quelques revues, fréquentes
les milieux littéraires et artistiques. Il mène une vie
de flambeur, se marie, joue à la bourse, voyage.
Une existence brillante et un peu cynique qui aurait pu être
celle, presque banale, des jeunes esthètes de la
"Génération perdue" dans le Paris de l'entre deux guerres.
Aventures en Indochine (1)
Les véritables aventures de Malraux débutent
en 1923 en Indochine par une invraisemblable expédition
archéologico-commerciale. Ruiné par des avatars
boursiers, le jeune couple Malraux décide de se
"refaire"; en organisant le commerce de pièces
rares oubliées dans les temples en ruine du Laos et du Cambodge.
L'esthète-Malraux a du flair, avant les autres
il se passionne pour les arts primitifs.
Pour mener à bien son projet, il parvient à se
faire investir d'une vague mission officielle, qu'il outrepasse
allègrement.
Mais l'expédition tourne court, les statues et bas reliefs
sont confisqués, Malraux est jugé et condamné.
Il fait appel, et grâce au soutien des écrivains franēais,
il parvient à éviter la prison.
L'aventure, qui pourrait paraître pitoyable, mūrit le dandy et
lui fait découvrir la fraternité.
Aventures en Indochine (2)
A peine rentrés en France, André et Clara Malraux
repartent en Indochine pour y fonder un journal. Cette fois
la cause est noble, il ne s'agit plus de s'enrichir rapidement
en vendant quelques statues mais de défendre le peuple
vietnamien contre les excès de l'autorité coloniale.
Avec l'avocat Paul Monin, ils fondent L'Indochine", qui
s'attire immédiatement les foudres du pouvoir colonial.
Les difficultés et tracasseries s'accumulent, L'Indochine"
jette l'éponge puis renaît sous le nom de
L'Indochine enchaînée qui sera à
son tour étranglée. Cette entreprise, malgré
son échec révèle le vrai Malraux, le révolté,
le Don Quichotte, l'homme d'action.
Mythes révolutionnaires et gloire littéraire
Plus sympathique, le jeune homme qui rentre d'Orient en 1926 ? Pas sūr !
Certes, sa révolte est bien réelle et il a
manifesté un certain courage, affrontant l'idéologie
colonialiste en un temps où ce n'était pas la mode. Mais
le mythomane débarque au galop. Son bref passage en Chine au
retour de Saļgon lui fournit la matière de son extravagant CV
de révolutionnaire qui figure dans la notice biographique des
Conquérants:
Membre de la direction du parti Jeune Annam (1924). Commissaire du Guomindang
pour la Cochinchine ( 1924 - 1925 ). Délégué à la
propagande auprès du mouvement nationaliste à Canton (1925).....
Peu importe la vérité. Chez Malraux, tout fonctionne par
effet d'annonce. qui ne font qu'anticiper la réalité. Les actes,
pense-t-il finiront bien par rattraper sa fanfaronnade initiale. Et ēa marche !
Ecrivain ?
Alors qu'il n'a (presque) rien écrit, il s'annonce écrivain
et le plus naturellement du monde le monde des lettres l'accueille comme
l'un des sien, le soutenant quand il est arrêté.
Mais il écrira.
Révolutionnaire ?
Alors qu'il ne s'est (presque) pas engagé, il s'autoproclame
combattant de la révolution. Mais il combattra.
Le Malraux du début des années 30 s'impose dans le monde
littéraire parisien, par son esprit extraordinairement brillant, sa
verve, mais aussi par ses productions où -il le sait - on l'attend au tournant.
La gloire rêvée devient réalité quand en 1933
il obtient le prix Goncourt pour La condition humaine.
Il a 32 ans déborde d'énergie, de projets et de
combats, il est en pleine gloire.
Le combattant |
L'amoureux du pouvoir |
L'écrivain
Discours |
Chronologie |
Bibliographie